Détail des strophes :

1ère Strophe : concerne la vue :
Assonance de « a » (voyelle éclatante » : veut imiter la blancheur du sable blanc.
A l’époque où Gautier a écrit ce texte, les landes sont des forêts moins denses qu’à notre époque où la comparaison avec le Sahara n’est plus possible. « Vrai Sahara français » : image apposée à Landes.
Rythme : alexandrins, rimes croisées. Majestueux.
v.1 3/3/3/3 rythme régulier et majestueux : voyage.
v2. hémistiche.
v3. hémistiche- opposition herbe sèche/eau verte.
v4 : surprise : quelle est cette plaie ?

2ème Strophe :
Commence par « car », elle va donner une explication, elle va expliquer la « plaie ».
Le symbole se dégage petit à petit.
Il y a un thème secondaire dans cette strophe : l’homme est cruel avec la création.
« avare » : avide, cupide. Avare bourreau de la création : allitération en « r ».
« de ceux qu’il assassine » : allitération en « s » : sournoiserie.
Dans son tronc douloureux ouvre… allitération en « ou » : élargissement.

3ème Strophe : Elle a pour sujet le pin.
« Regretter… goutte à goutte » : allitération de g - k ; gutturale
« sang » est mis pour sève.
Le sang bouillonne : synonyme de la vie.
Allitération des « v » et « b » : imite le bouillonnement de la vie (la sève est vivante pour Gautier). Renforcé par « bout » qui est un mot fort.
L’arbre est comparé à un soldat blessé.
Baume : pommade qui guérit. Et matière odorante. Sens propre et figuré : syllepse.

4ème strophe :
La comparaison va se faire.
Les traits communs à l’arbre et au poète sont la solitude ( " On ne voit en passant par les landes que le pin, et "le poète" est ainsi dans les landes du monde"), la souffrance ("sa plaie au flanc" et " il faut qu’il ait au cœur une entaille profonde" ) et la générosité
(" verse son baume et sa sève qui bout", et "...pour épancher ses vers").
Pour Gautier , la création poétique est liée à la douleur : un poète "sans blessure" ne peut pas créer car "il faut qu’il ait au cœur une entaille profonde" pour pouvoir s’exprimer.
Les trois principaux procédés auxquels l’auteur a recours sont la métaphore, la comparaison, la personnification.
La métaphore peut être illustrée par des expressions du genre " sa plaie au flanc", "ses larmes de résine", "une entaille profonde" et "larmes d’or". Ces expressions assimilent la souffrance de l’arbre à celle du poète.
Quant à la comparaison, elle peut être illustrée par les phrases suivantes : "..et se tient ... comme un soldat blessé..." et " le poète est ainsi dans les landes du monde".
Gautier part d’une chose vue pour créer sa métaphore. Il agit plus en peintre qu’en penseur.
Art de créer une atmosphère, de suggérer par des couleurs, mots et des sons.